Intro à la lecture du Sniper, son wok et son fusil
Je crois que ce bouquin était en devanture de la salle et que le mot Chang imprimé en grosses lettres m'a attiré car il semble que je suis dans une "période Asie". Je l'ai ouvert au hasard et j'ai lu : " Quatre cents mètres environ. Tu veux prendre un bain ?" Plus loin, le prénom "Alex" qui m'est familier. Plus loin encore...
Bref, je l'ai emprunté ; un roman qui semble plein de cet humour dont particulier que j'apprécie.
Un roman de 340 pages environ, la police est assez grande et le livre aurait pu être moins épais.
Je me donne 20 jours pour le lire si toutefois il m'intéresse dans la durée. S'il m'intéresse vraiment, ce sera peut-être plus rapide mais bon, je n'ai pas que ça à faire...
Chang Kuo-Li est Taïwanais, né en 1955, écrivain, historien, poète et dramaturge primé nous dit Babelio.
Les remerciements de Chang Kuo-Li vont à Hou Erh-Ko, "Le Vieux Fou du rivage", ce qui est réconfortant quelque part...
En page unique de présentation de l'essentiel par l'auteur, il est cité (et c'est peut-être le Vieux Fou du rivage qui parle, qu'il "existe trois sortes de tireurs d'élite", je résume : les tireurs de précision, les tireurs d'élite tactiques... et puis "vous avez ceux qui tirent le moins souvent possible, qui restent planqués derrière les lignes ennemies et se préparent à tuer l'ennemi désigné, d'un seul tir, au moment opportun. Ceux-là, je les appelle les snipers stratégiques."
Je suppose que le sniper dont on va parler ici est l'un de ces derniers.
J'entame la première partie, il y en a deux.
La première va de la page 15 à la page 119.
Chaitre 1 p 15 à p 21, lu le 1er avril en soirée
- Démarrage rapide, de l'un des protagonistes principaux, Ai Li alias Alex dont on nous dit lors de la présentation des personnages, qu'il est un assassin qui manie aussi bien le fusil que le wok (poële chinoise). Levé tôt le matin puisque sur le quai dès 5h12, passe d'un train à l'autre, et parcourt l'Italie de la Spezia à Rome selon un horaire visiblement minuté avec précision. A chaque changement de véhicule, il change de haut. On remarquera cependant qu'il est capable de faire une entorse à ses plans ; à un moment, il prend un car par pur caprice, et qu'il peut aussi se montrer attentionné, il donne discrètement son blouson à un type affalé sur le quai.
- Ce faisant, j'apprends un anglicisme que tout le monde connaît probablement mais que j'ignorais : backpacker, soit un type qui porte un sac à dos, un routard. Un autre truc que je ne savais pas, c'est qu'il peut y avoir trois hôtels différents dans un seul immeuble !
- Autre chose que l'on comprend dès le début de ce jeu de piste, c'est que le héros connaît bien les lieux et qu'il poursuit un but bien défini et louche. Il est sans cesse fait un parallèle entre son trajet fonctionnel et celui d'un touriste lambda visitant certains sites.
- Le récit est très précis et apparemment détaillé, on pourrait facilement le mettre en scène
- Je cite : "A chaque problème soulevé répond une solution"
Dimanche 2 avril
Chapitre 2 p 22 à p 30 et chapitre 3 p31 àp 37
Le chapitre 1 se déroulait en Italie, le second et le troisième à Taïpei puis à Keelung, enTaiwan. Un second protagoniste fait son apparition, le superintendant Wu, proche de la retraite. On y voit différents cadavres, un vieil homme enterré en cachette par ses enfants sous addiction d'héro puis de colle, une femme massacrée par les mêmes dans un wc de campagne ;
à Keelung dans le chapitre 3, c'est le cadavre d'un faux suicidé, un officier de marine, cadavre disputé par les services de police et l'armée.
Chapitre 4 p 38 à 52
Retour en Italie, où l'on suit de nouveau Alex le sniper, on y aborde la formation de snipers, contraints à courir 5 km le matin, arme en bandoulière pendant trois mois afin qu'ils parviennent à faire corps avec leur arme. Le vocabulaire de l'instructeur utilise de nombreuses métaphores liées à la vie sexuelle. Aussi, beaucoup de détails techniques sur les armes utilisées (j'ai sauté !). On y lit aussi la stratégie montée par Alex pour accomplir son crime sans se faire prendre. Deux infos en passant : l'intérêt d'observer les oreilles des futures victimes pour les reconnaître car il n'y a pas deux oreilles identiques, et, cette remarque que je cite : "Pourquoi les asiatiques se trimballaient-elles partout avec leurs parapluies ou leurs ombrelles quel que soit le temps ?"
On apprend à la fin du chapitre 4 que d'autres snipers étaient en planque probablement pour exécuter la même personne, à moins qu'ils n'étaient là que pour vérifier que le travail était fait ?
Chapitre 5 p 53 à 59 Chapitre 6 p 60 à 66
De nouveau dans l'île de Taïwan, à Taïpei, où l'on vient de trouver un cadavre nu sur une plage. Ici pas d'hasitation, l'homme a bel et bien reçu une balle dans le crâne, c'est un assassiné. On apprend rapidement que celui-ci appartient aussi à l'armée, mais de terre cette fois. Wu a donc en charge deux crimes concernant des officiers, deux affaires concernant les armées, mer et terre. Nul doute que l'armée ne voudra pas que ce soit la police civile qui s'en occupe. Et il n'avait plus que 11 jours avant sa retraite !
Et voici son chef qui part en Italie contempler le nouveau cadavre, un membre du gouvernement, celui qui fut occis par Alex, mais oui.
Chapitre 7 p 67 à 80
Je relève une jolie expression au passage, même si elle n'est pas vraiment nouvelle :
"sale comme un poumon de vieux fumeur tapissé de goudron et de nicotine". On apprend ici le pourquoi du wok apparaissant dans le titre du polar. Alex (de son vrai nom Ai Li) possède un restaurant à Manarola ; restaurant est un grand mot, il s'agit juste d'une cuisine donnant directement sur l'extérieur dont elle est séparée par un comptoir. On n'y vend que du riz sauté à emporter, que Ai Li cuisine avec du salami.
Recette du riz frit taïwanais : you fan
Ce 7e chapitre illustre l'axiome suivant qui vient dire la morale d'une anecdote :
"Quand vous paniquez, votre corps ne vous obéit plus, et vous devenez une cible facile..."
Et comme Alex se réfugie dans une église, l'auteur nous conte l'histoire de St Laurent, patron des cuisiniers : au IIIe siècle, contraint de céder au préfet de Rome, les richesses de l'église sous sa garde, saint Laurent les avait distribuées aux pauvres, aux aveugles, aux eclopés. Furieux, l'Empereur avait ordonné son martyre. Alors que les légionnaires le faisaient griller sur des charbons ardents, saint Laurent leur avait dit en plaisantant : "Voici, ce côté est maintenant bien rôti ; retourne-moi, pour que l'autre cuise aussi."
Dans ces pages, cela se passe mal pour Alex et le chapitre conclut d'ailleurs: "Où donc avait-il merdé ?"
Chapitre 8 p 81 à 87
A Taïpei : le superintendant Wu constate que la dernière victime qui travaillait au ministère de la Défense avait projeté de nombreux achats d'armes qui avaient été pour la plupart rejetés par les autres gouvernements vendeurs d'armes.
Le chapitre 8 révèle quelques problèmes domestiques chez les Wu. Celui-ci suspecte l'un des hommes figurant sur les vidéos prises à Rome et qui a un comportement non habituel pour quelqu'un qui vient d'assister à un crime.
Chapitre 9 de la page 88 à la page 104
Nous sommes cette fois à Budapest, Hongrie où nous retrouvons Alex qui gagne un refuge avec l'aide d'amis. On apprend qu'un refuge n'est sûr que deux-trois jours maximum, après, il faut en changer. L'adresse suivante était cachée dans son oreiller. Duel d'une fenêtre à l'autre sur ambiance neige et Danube. Oui, Alex s'en sort de justesse, ce n'est pas un spoiler, on s'en serait douté. En principe les héros ne meurent pas sauf si, décidément l'auteur de l'histoire a très mauvais esprit !
Chapitre 10 de la page 105 à 113
Et ainsi, nous nous rendons de nouveau à Taïpeh avec Wu qui se fait engueuler par la veuve de Chiu Ching Chih, tué à Rome. Qui trouvera l'assassin ? se plaint-elle.
Wu rend ensuite visite à une autre veuve, celle dont le mari s'est prétendûment suicidé. Elle se plaint que Chiu Ching Chih a été nommé général à titre posthume et que sa femme recevra donc une retraite de reversion supérieure à la sienne. Si l'on décide que son mari s'est suicidé, elle ne percevra rien, ni pension, ni indemnité, ni assurance vie. Elle compte sur la police pour juger qu'il y a eu crime. Son époux ne se serait jamais suicidé, il était un homme sans histoire, bon mari et bon père. Cette femme fumant beaucoup (on la comprend aussi, elle essaie de se calmer), Wu commente en aparté : "même sans suicide, la tabagie passive l'aurait tué".
Autrement, il semble que police italienne et police taïwanaise sont assez compétents et retrouvent peu à peu la trace du sniper. Qui l'eût cru ?
Chapitre 11 de la page 114 à la page 119
Changement de décor ou tout au moins de lieu, on est cette fois, en Tchéquie. à Telc ; évidemment, il neige ; nouveau refuge pour 3 jours max. Alex trouve la nouvelle adresse dans un guide touristique gribouillé. En consultant un site taiwanais, il apprend qu'il a tué à rome, un conseiller en stratégie de la présidence et comprend qu'on l'a trompé.
Fin de la première partie.
Nous sommes dimanche, il est 19h51
Seconde partie
Chapitre 1 de la page 123 à la page 137
L'auteur a pour prambule un idéogramme qui avait été tatoué sur l'épaule d'une des victimes, le sous officier de la Marine
et qui signifie "famille".
Je remarque que tout au long de ce chapitre, il s'arrête sur plusieurs idéogrammes.
Taipeh, Taïwan
Wu est informé par son supérieur, séjournant en Italie pour suivre l'enquête sur place, des progrès de l'enquête italienne.
Il apparaît que le duel au fusil qui a opposé Alex à une de ses anciennes connaissances qu'il nommait "Le Gros" et qui a conduit au décès de ce dernier n'a finalement pas été causé par une balle mais par une chute depuis la fenêtre où il s'était posté. Considérant les balles retrouvées avec l'arme de la victime, les enquêteurs concluent qu'il s'est cependant agi d'un combat sniper contre sniper.
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